A Jacques Attali Blog
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Jacques Attali est né le 1er novembre 1943.
Polytechnicien, énarque et conseiller spécial du président de la République François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, EUREKA, BERD et Positive Planet.
La fondation Positive Planet (et les autres entités de l’ensemble Positive Planet) promeuvent l’économie positive et soutiennent depuis 22 ans la création d’entreprises positives dans les quartiers en France, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle a apporté son appui à plus de 11 millions de micro-entrepreneurs. Source
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| Scope | National |
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| Language | English, French |
| Country | France |
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Search ArticlesLe double verrou
À écouter les débats dans la France d’aujourd’hui, qui ressemblent pour le moment plus à ceux qui précédaient l’élection d’un maire de village en 1920 qu’à une campagne présidentielle en 2026, j’ai le sentiment que trop peu de candidats comprennent, ou veulent admettre en public, ce qu’est la situation réelle du pays : malgré ce que prétendent ceux qui l’ont dirigée récemment, et tous ceux qui prétendent la diriger demain, la France n’est plus, dans le monde comme il est aujourd’hui, capable...
Sept menaces dont tout dépend.
Si l’on veut éviter de trébucher sur un obstacle, mieux vaut marcher les yeux ouverts. Pourtant, quand on propose la même attitude à l’égard de l’avenir, on est taxé de pessimiste ou de Cassandre, et trop souvent discrédité. Aujourd’hui plus que jamais, il faut marcher les yeux ouverts sur la route du temps. On y trouve au moins sept crevasses béantes. Toutes sont aujourd’hui documentées, chiffrées, et pour la plupart déjà à l’œuvre.
La France brûle, pas seulement ses forêts : dernier avertissement.
Les terribles incendies qui ravagent en ce moment le monde, et en particulier la France, sont une manifestation du manque de respect des vivants d’aujourd’hui pour le passé, le présent et l’avenir.
Nous sommes tous seuls.
Interrogé il y a quelques jours sur France Culture par le journaliste Guillaume Erner sur la question de la résurgence moderne de l’antisémitisme, au moment même où Marc Bloch, historien juif français fusillé par les nazis pour faits de résistance, entrait au Panthéon, l’historien médiéviste Patrick Boucheron, a refusé de répondre, se limitant à cette phrase péremptoire : « On vous laisse parler seul ».
Le Baron perché, pour sauver le monde.
Quel rapport y a-t-il entre un activiste écologique français d’aujourd’hui et un grand roman italien écrit il y a soixante-dix ans ? Dans le Baron perché, le romancier italien Italo Calvino raconte l’histoire de Cosimo Piovasco di Rondò, jeune aristocrate de douze ans, au XVIIIe siècle, qui refuse de manger des escargots qu’on lui impose, se fâche, grimpe dans un chêne du jardin et décide de ne plus jamais en redescendre.
Nomades et sédentaires, une fois encore.
Alors que s’annonce, partout, l’arrivée au pouvoir de partis populistes, il faut en revenir aux fondamentaux : j’ai souvent rappelé (en particulier dans « L’Homme nomade », paru en 2003) la distinction fondamentale entre deux modes de vie : nomade et sédentaire.
L'illusion souverainiste. - Jacques Attali
Il est une tentation aussi ancienne que les nations elles-mêmes : celle de ne rien devoir à personne, de refermer ses frontières sur un territoire autosuffisant, à l’abri des retournements d’alliances et des chantages de fournisseurs. Cette tentation est revenue en force depuis la pandémie de 2020 et la guerre en Ukraine, puis la fermeture du détroit d’Ormuz. Les États-Unis en ont déduit que leur souveraine civile et militaire reposait sur des composants fabriqués à Taïwan.
Que peut-on encore attendre des politiques ?
Au moment où le monde traverse une crise multiforme dont peu de gens acceptent d’assumer l’ampleur et la profondeur, et où les technologies les plus stupéfiantes viennent rompre le rapport au réel et au travail, dans la plupart des pays démocratiques, les dirigeants politiques continuent de faire à leurs électeurs des promesses qu’ils savent qu’ils ne tiendront pas, de voter des lois contraires aux réalités implacables du monde, et de faire semblant de gouverner comme s’ils avaient un pouvoir...
La connivence mortifère.
Pendant que quarante (au moins…) candidats, allant des socialistes aux républicains, se disputent les voix de tous les électeurs les plus raisonnables, la France se prépare à vivre un duel au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2027 entre le candidat de La France insoumise et celle ou celui du Rassemblement national. On sait d’avance qu’ils entreront tous les deux en campagne nourris de la haine de tous ceux qui ont gouverné la France depuis 50 ans.
Quand les protagonistes d’un conflit ne veulent pas céder, le pire est à craindre pour les autres.
Les conflits d’aujourd’hui ont une caractéristique qu’on n’a pas vue depuis la Seconde Guerre Mondiale : aucun belligérant ne peut céder sans disparaître. Après 1945, ce sont les fascistes et les nazis qui ont disparu. Dans les conflits qui ont suivi, la survie des grandes puissances n’était pas en jeu ; elles pouvaient céder, ce qu’elles firent à de nombreuses reprises : les Russes ont reculé en Afghanistan, en Europe centrale et Orientale, en Irak et ailleurs.