En août 2003, la France étouffait sous quarante degrés le jour et vingt-cinq la nuit, tandis que ses dirigeants peaufinaient leur bronzage. Jacques Chirac philosophait au Canada, Jean-Pierre Raffarin dessoiffait la Haute-Savoie, et Jean-François Mattei, ministre de la Santé, gérait la crise depuis sa terrasse du Var. Face aux alertes des urgentistes, le ministre balayait d’un revers de main : « J’entends des estimations : 50 par-ci, 300 par-là ». Le déni aura coûté près de 19 000 vies.