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Bâtiment des Forces Motrices, 28 juin Il est des œuvres qui déjouent toute tentative de classification. Avec 200 Motels (The Suites), Frank Zappa signe l’un de ces objets artistiques insaisissables que le temps ne parvient pas à apprivoiser. Présentée au Bâtiment des Forces Motrices, dont l’architecture industrielle semble taillée pour les audaces du compositeur américain, cette rare incursion dans son territoire lyrique déroute avec une désinvolture assumée quiconque s’y aventure.
Théâtre des Arts, 16 juin Appréciée par Mehdi Mahdavi lors de sa création au Theater an der Wien voici dix ans (voir O. M. n° 117 p. 70), cette Agrippina vue par Robert Carsen confirme sa grande efficacité – à défaut d’originalité –, transposant l’action dans une Italie fasciste mâtinée de berlusconisme. Réglée au cordeau, cette amusante mise en scène peut compter sur des chanteurs tous excellents comédiens, à commencer par l’Agrippina manipulatrice à souhait d’Anna Bonitatibus.
Opera Leśna (Sopot), 2 juillet Alors que les trois quarts de l’Europe suffoquent, une scène en plein air respirable, à Sopot, dans la banlieue nord de Gdańsk, longtemps oubliée alors qu’elle accueillait dans les années 1930 une espèce de « Bayreuth sur la Baltique », s’offre de nouveau aux amateurs d’opéra grâce au baryton-basse Tomasz Konieczny, à l’origine du redémarrage du festival polonais en 2023.
Opera Bałtycka (Gdańsk), 3 juillet La plus célèbre opérette de Joseph Beer, La Noce polonaise, créée en 1937 à Zurich en allemand, si réputée en son temps qu’elle fut traduite en huit langues, connaît un certain retour en grâce depuis quelques saisons, avec des programmations à Linz (2019), Berne (en concert, 2021), Dresde (2023) et Regensburg (2026).
Opéra, 4 juin Créée à Nantes la saison passée (voir O. M. n° 210 p. 59), cette Traviata selon Silvia Paoli fait escale à Nice, quelques mois après Montpellier. Paradoxalement, c’est la fois où, malgré une remarquable direction musicale et un formidable trio de protagonistes, le spectacle nous a le moins convaincu.
Théâtre antique, 20 juin 6 et 13 août 1961. L’Opéra National de Grèce présente au Théâtre d’Épidaure une Medea historique : Maria Callas, au faîte de sa célébrité, y fait son retour – qui sera aussi un adieu – sur une scène grecque. N’en subsistent que de minuscules fragments vidéo, nombre de photos, d’articles, quelques rares costumes et pas même le livre de régie.
Teatro alla Scala, 8 & 22 juin Lors de la première londonienne de cette Carmen (voir O. M. n° 203 p. 59), Mehdi Mahdavi soulignait la manière dont Damiano Michieletto évite à la fois la déconstruction radicale et les facilités du folklore traditionnel, inscrivant l’action dans des espaces contemporains, ternes et désolés. L’élément le plus marquant est la présence récurrente d’une femme vêtue de noir, la mère de Don José, véritable antagoniste de Carmen.
Concertgebouw, 20 juin « Drôles de gens que ces gens-là », arguent les soldats, à l’encontre des bohémiens sur la place publique. Le chorégraphe Wim Vandekeybus, qui entre dans le grand bain de l’opéra, y voit une mention de l’autre, celui qu’on craint parce qu’on ne le connaît pas.
Théâtre Royal, 19 juin Aborder Otello n’a rien d’évident, même pour un ténor à son apogée. Luciano Ganci avait longtemps différé sa prise de rôle avant d’accepter cette nouvelle production liégeoise : au sommet d’une carrière jalonnée d’une vingtaine de rôles verdiens, il a enfin voulu gravir cet Everest – avec une légitimité indéniable.
Opéra, 16 juin Paolo Arrivabeni, verdien par excellence, porte à l’incandescence cette reprise de Rigoletto dans la production de Charles Roubaud, vue à l’Opéra de Marseille en 2019 après les Chorégies d’Orange 2017. La direction musicale, les éclairages renouvelés par Jacques Rouveyrollis changent un peu l’impression (voir O. M. n° 153 p. 59) et exaltent le décor d’Emmanuelle Favre et les somptueux costumes conçus par Katia Duflot.