Le Rayon Vert
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Le Rayon Vert est l’autre nom de l’affect. Premier mode d’expression de ce qui contribue à la tristesse ou à la joie, l’affect est un changement qui se signale par une épreuve corporelle et spirituelle. Au cinéma, il s’exprime à travers les moyens du corps et de l’esprit du spectateur. Saisi par l’affect, le spectateur devient inquiétude, interrogation, problème, jouissance, peine, agression, défense… Le temps de l’épreuve, il ne sait si ces affects contiennent quelque « vérité ». Peut-être n’y avait-il là que les passions privées du sentiment.
La plupart des spectateurs s’arrêtent au premier temps de l’épreuve, affect ou sentiment, peu leur importent. Tout est perçu, rien n’est vu. Tout est entendu, rien n’est écouté. Tout finit par s’oublier, par peur ou paresse de raconter l’histoire de ses affects. D’autres, moins nombreux, ont la critique programmatique ou la perception savante. Ils en savent toujours trop, perçoivent et écoutent peu. Entre ces deux extrêmes, nous invitons chacun à oser raconter l’histoire des affects. Il n’y a pas de honte à avoir éprouvé quelque chose, mais il est malheureux de le taire et de l’oublier. En racontant les affects, il s’agit de rattraper avec les mots le retard de la raison sur l’imagination, de la compréhension sur l’intuition. Parler les évidences nous met déjà sur le chemin de nombreuses découvertes ; Muettes, elles disparaissent dans les profondeurs du corps et de l’esprit.
Il tient à chacun de promettre fidélité aux affects qui l’ont saisi le temps de la projection. Au risque de la déception, avec l’espoir du chercheur d’or, les rédacteurs du Rayon vert Cinéma, tenteront de demeurer fidèles aux affects qui motivent leur écriture. Dès lors, à défaut de trouver dans cette revue une écriture Vraie, Savante, Objective, on peut espérer qu’elle sera à tout le moins sincère. Source
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