Dans les discours des dirigeants du monde entier, les cartes sont parfois brandies comme des amulettes, érigées en idoles ou invoquées comme des dieux. En fixant sur un bout de papier un territoire dans une représentation, les cartes imposent un cadrage, elles déterminent les contours de ce territoire, l'entité qui peut en revendiquer la souveraineté, la toponymie des villes, un pouvoir performatif dont les chefs d'État sont bien conscients et qu'ils s'attachent à exercer.